Extrait du manuel du pouvoir et du citoyen par Eucharilxtonw

Extrait du "Manuel du pouvoir" D'EUCHARILXTONW ...

( morceaux choisis )

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EXTRAIT DU SITE : ENIM-CERNO.COM //

Le manuel du pouvoir et du citoyen

http://www.enim-cerno.com/

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                  << Amis citoyens, je n' irai pas par quatre chemins . Il n' est pas dans mon état d' esprit de faire l' éloge et je ne suis pas de ceux qui congratulent parce que c' est dans l'air du temps afin d'obtenir mille faveur des puissants, alors permettez-moi d' d'emblée de vous présenter les principes moraux guidant chacun de mes pas et au travers desquels je mènerai l'ensemble du discours soumis à votre jugement :

De nouveaux périls inquiétants menacent notre humanité alors que nous disposons pour la première fois de notre histoire des éléments permettant d'aboutir aux desseins ultimes ! Le tocsin gronde mais personne ne l' entend - Certains parlent au nom de la force, ils sont craints . Quelques-uns parlent au nom de la foi, ils font douter ou enflamment les foules . D' autres parlent au nom de la science, on les admire . Méritent-ils ces hommages ?... Aucun n' est près de toucher la vérité à laquelle vous aspirez et qui justifie de leur prêter une quelconque glorification -

Aveuglés par des croyances devenues sectaires, bien que jamais innocentes, ces prédicateurs ne voient point; et plus souvent se battent pour les privilèges procurés par leur discipline que pour les découvertes qu' elle promettait, ... en oubliant malheureusement quel fut l' esprit même et la quintessence "universelle" de leur vocation –

Je n' appartiens à aucune de ces catégories de savant ou de vertueux qui promettent mille choses pour notre futur mais qui bien souvent ne font que construire le leur. Aujourd'hui c' est un citoyen, comme vous, qui décide de prendre la plume pour confier son modeste jugement et ses doutes en vue de faire converger une motivation inédite . Je ne prétends pas non plus détenir cette vérité absolue et inaccessible derrière laquelle nous courons tous, ni d' ailleurs posséder le centième de sagesse que semble véhiculer mes propos les plus prometteurs . Ceci n' est au fond rien de plus qu' une "méditation" à voix haute . J' ai seulement voulu la partager avec le plus grand nombre .

Je n' ai rien à défendre, si ce n' est un idéal, ou plutôt un rêve : Celui d' une humanité libérée de ses carcans idéologiques ainsi que des clivages partisans, ethniques ou groupusculaires ... mais il est à craindre que peu d'entre vous ne m' entendent car je ne possède pas l'étiquette de bon aloi. Je ne suis pas des «bons penseurs» que l'on met en avant quand ils tiennent une messe soporiphique s'adressant au peuple. Pourtant je sais que mon legs est des plus méritant . L'espoir est entre nos mains, comme l' est plus souvent la résignation .

Tant qu'une lueur de cette première poindra derrière les ténèbres de la fatalité, je mènerai mon combat pour informer les nouvelles générations .

... Qu'un seul d' entre vous prenne la peine de me suivre, d'entendre mon appel à l'alternative que constitue la réflexion collective ou la démocratie participative via l'institution du «collectif citoyen», et notre écho grandissant envahira les quatre coins du firmament ..." .

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Je rêve pour l'heure de ce jour nouveau.

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Les premières lignes du texte du manuel du pouvoir par Eucharilxtonw ... 

( Extrait )

Machiavéliques, arrivistes, carriéristes, opportunistes ... les hommes et les femmes qui ont aujourd'hui la charge des mandats représentatifs ne peuvent plus prétendre jouir d 'une image qui honore la politique . On peut toujours se demander si ces qualificatifs sont mérités ou exagérés ?! ......

La question ne se pose malheureusement plus en des termes si restrictifs ! Je ne vous apprendrai rien en confessant pudiquement que la notion de pouvoir ne s' applique pas qu' au seul problème de la nation; cette responsabilité est sensiblement la même qu' il s' agisse de gérer un groupe d' individus, administrer une société commerciale, une association, une organisation ou les structures complexes et hiérarchisées d' un État . La fonction de direction créé un modèle relationnel où les sommets hiérarchiques se trouvent de la même façon confrontés aux dilemmes de la structure du pouvoir et des paramètres d' exercice de ces prérogatives . Il y a donc plus probablement "UN" phénomène, et une "multitude" de formes d' expression . Évidemment que mon sujet sera centré sur la problématique fondamentale du corps politique mais je vous demande de garder en mémoire que nous intéresse l' ensemble de la question .

Pourquoi s' agirait-il de faire un procès d' intention aux uns et pas aux autres !? Et d' ailleurs, quel procès ?

Chacun d' entre nous doit désormais avoir conscience que la direction d' une entité collective, quelle qu' elle soit, nécessite de prendre des décisions et d 'entreprendre des actions que le commun des "mortels" ne peut raisonnablement pas envisager sous le même angle .

Gouverner est un "Art" qui ne peut s' improviser ! Ceux qui s' y risquent en dilettante subissent immanquablement les désagréments et des revers terribles pour leur impertinence et je vous mets déjà en garde contre la fausse impression de facilité que peut donner cette science à la lecture de cet ouvrage de "vulgarisation" . Le directeur d' une petite entreprise, comme le plus grand homme politique, se trouve parfois confronté à des décisions difficiles qui engagent l' avenir de ses collaborateurs, et ce n' est déjà pas facile d' abandonner quelques personnes sur l' autel de la rentabilité, nous pouvons dés lors imaginer la complexité de l' exercice lorsqu' il s' agit de traiter des phénomènes globaux à l' échelle d' une nation où évoluent des millions d' individus qui n' aspirent qu' au bonheur tranquille !

Je souhaite préalablement à ce "pamphlet"(... car c' est ainsi qu' il sera probablement qualifié ) rendre hommage à tous les hommes et femmes qui décident d' offrir et parfois sacrifier leur vie pour incarner des intérêts ou idéaux collectifs parce qu' ils ressentent en eux cette pulsion inexplicable qui les poussent vers ce qu' il y a de plus grand . Cette étude m' a permis d' approcher les arcanes et les fondements de cet indicible pulsion .

Je sais désormais que lorsque l' esprit s' élève et touche à ses desseins ultimes, il n' est que très difficile d' en redescendre; ainsi qu' il semble complexe pour un pilote de se résigner à voler sur un biplan datant de la première guerre mondiale quand il s' est vu confier la responsabilité d' un engin hypersonique, même si une inspiration équivalente s'inscrit en filigrane des deux véhicules - Il faut bien plus que de la sagesse pour comprendre et assimiler les notions animant ou donnant vie à la société politique sans se laisser tenter par les démons des grands secrets - C' est mon pari de vous emmener sur le chemin de cette ascension parce que, même en la qualité de modeste citoyen, nous devons être suffisamment éclairés pour répondre à l' appel de la vertu, et assez ferme à l' encontre de la perfidie . Ainsi, lorsque vous serez en mesure de discerner et reconnaître les attributs spécifiques comme les liens indissociables qui unissent chaque chose de notre univers, y compris les plus contradictoires; en admettant alors que le mot "ambition" puisse côtoyer celui "d' abnégation", égo avec autrui, alors seulement, vous comprendrez ce qui motive les plus illustres d' entre nous. 

Le plus grand respect s' impose au premier abord, mais il ne s' agit pas que ces honneurs deviennent prétexte à conduire l' humanité au bord du gouffre comme c' est trop souvent le cas .Nous devons nous protéger de l'arbitraire, des dérives qui peuvent naître de l' exercice du pouvoir; justement parce que sa logique conflictuelle peut entrainer le chaos et la destruction de tout ce qu'il permet de construire .

La seule observation des plus sombres et des plus dramatiques pages de notre histoire contemporaine fait une excellente démonstration de quoi certains hommes sont capables pour faire l' acquisition des prérogatives du sommet de l'État ... . Que nous évoquions l' exemple de Rome avec Jules César, en passant par la France et la période Napoléonienne ( Napoléon III ) , la Russie et l' époque dite du "Communisme" ( époque Stalinienne ) ou la dramatique expérience Fasciste en Allemagne menant à la seconde guerre mondiale, vous pouvez facilement constater que les régimes politiques semblent s' alterner entre la dictature exprimée par une force policière ou militaire et des phases "libérales"... qualifiées " République" ou "Démocratie" ... . Mais ces deux derniers mots ne regroupent-ils pas en définitive des systèmes politiques très comparables dans la pratique citoyenne !? .

Le régime dit "Républicain" , en conséquence des garanties et libertés qu' il confère aux composantes sociales dans le cadre du débat démocratique, se doit de laisser libre court à l' ensemble des courants de pensée, y compris aux idéologies exprimant des thèses contraires aux principes et piliers qu' elle a vocation de défendre .

La question se pose sous un jour nouveau : La tromperie et la manipulation peuvent-elles encore trouver des terrains d' application dans nos sociétés modernes de communication ? ... Peut-on encore dissimuler la vérité ou une partie de celle-ci et subtilement "orienter" les masses au vingt-et-unième siècle malgré l' apport des processus démocratiques à tous les niveaux de la vie en collectivité ? ...

............. Je souhaite vous apporter quelques éléments de réponse sur ce sujet ! ... Vous devez avoir une petite idée sur la question !? Tout au moins, subodorez-vous quelques pistes ou avez-vous quelques intuitions ! ? Mais ces supputations, dont vous avez pu effleurer le contenu dans certaines circonstances isolées de la vie quotidienne,

n' ont jamais trouvé d' écho pour synthétiser et assembler les prémisses de cette analyse . Laissez moi vous éclairer sur le chemin menant à un aspect de cette réalité .

Autant vous révéler dès maintenant les motivations qui me poussèrent à composer sur un tel sujet !

En effet, pourquoi disserter sur un thème si polémique et controversé, voire incertain quand il suffirait de s' exercer à l' art de l' écriture par des contes et récits fantasques qui intéressent bien plus les lecteurs comme les amateurs de frisson ? Ce n' est justement pas l' écriture en elle même qui motive mon action ! Elle n' est pour moi qu'un moyen - Beaucoup de critiques la jugent par ailleurs comme moi complexe, imparfaite et ambiguë, surtout dans ma langue maternelle . Mais il en est ainsi pour l' ensemble des concepts linguistiques de se perdre en confusion pour exprimer les notions les plus subtiles, puisqu'il s' agit de demander à notre esprit matérialiste et réducteur de cerner des choses soit dénuées d' enveloppes, soit exprimées en des quantités infinitésimales . Seule l' idée qu'elle permet d' incarner tant bien que mal me semble avoir de l' intérêt . Il se trouve que mon esprit "hyperactif" est le siège d' une surproduction créative où les idées et théories foisonnent; peut-être s' en trouvera-t-il une qui présentera l' utilité universelle dont nous rêvons tous de laisser la trace derrière nous ! C' est au moins une des premières raisons qui me poussa à l' écriture -

................      Procédons par ordre . Quelle définition pouvons-nous donner au mot "POUVOIR" pour que celui-ci prenne tout son sens et serve d' introduction et de cadre général à cet ouvrage ?

J' ai souhaité y intégrer les différentes acceptions que comporte la notion dans la dimension politique qui

m' intéresse . Mes recherches m' ont conduit à sélectionner des paramètres inspirés d' un livre intitulé " LE POUVOIR" ( Éditions sciences humaines coordonné par J-C Borbaleu & bruno Choc ) ... . L' interprétation à laquelle je me livre sur le fondement de ces données reste strictement personnelle . Cette récupération n' engage donc nullement l' auteur du support . J' obtiens la proposition suivante :

- DEFINITION selon Eucharilxtonw - "Pouvoir":

<< ... Lien de subordination inhérent à la collectivité, obtenu par la force, l' intimidation, le conditionnement, la ruse, la tromperie ou par tous procédés visant à procurer un ascendant et qui consiste à obtenir des personnes qui y sont soumises un comportement, des conceptions, des actions que celles-ci n' auraient pas eu sans cette intervention, de manière à exercer une influence décisive sur la direction des buts reconnus par le groupe et justifier une position hiérarchique souvent caractérisée par des prérogatives et privilèges exorbitants  >>

Bien que dithyrambique, cette énonciation permet d 'incorporer les éléments fondamentaux relatifs à la question : L' aspect social / Un procédé quelconque créant un ascendant / L' influence exercée sur le groupe / Une position hiérarchique et souvent inégalitaire -

 ......... . C' est donc probablement la conjonction ou la création d' un réseau de stratégies sans liens apparents qui font la subtilité des systèmes hiérarchiques les plus complexes . Éparpillée et rendue évanescente, la substance de ce stratagème en devient inqualifiable par une opération d' interprétation se rapportant à un ou quelques objets isolés .

J' ai baptisé un tel procédé, qui reste théorique,

" STRATÉGIE COMPLEXE DE SUJÉTION ...

ou stratégie de sujetion "PLURIFACTORIELLE" ( SSPF)- Nous emploierons désormais préférablement l' acronyme " SSPF"  - Cette dénomination (...un peu barbare ?) est la pierre angulaire de ce texte!... . Si vous ne deviez retenir qu' une notion au sortir de cet ouvrage, ce sera bien celle-ci !

Elle consiste en un éloignement de l' autorité, substituée par un maillage de techniques de coercitions indirectes, aussi subtiles que diffuses . Je me suis refusé de lui donner une définition plus précise - si il y a une quelconque part de vérité dans mes propos, d' autres le feront certainement mieux que moi- pour l' instant, je voudrai simplement que nous ressentions ce qui en constitue son essence . Cette émotion doit passer par une première étape sensitive levant son mystère; une première phase cruciale élucidant le sentiment confus dont nous sommes l' objet face à cette toile omniprésente et tentaculaire . ( ...,...,... )

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Extrait troisième partie (infra 82 )

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 (... extrait .... )

Chapitre II : Imposer votre développement par la force "armée" ou par destechniques de dépendance -

 

Il existe une "trilogie classique"qui définit la place respective des trois éléments principaux que sont la "Politique - la Tactique et la Stratégie" . Cette trilogie s' adresse principalement dans mon propos aux puissances collectives souveraines et vise à définir leur position complémentaires dans le cadre de relations conflictuelles .

- La conception actuelle de la première notion place celle-ci en amont de la stratégie ( Primat de la politique ) avec son cortège diplomatique et fait de la guerre un substitut de la politique dés le déclenchement des hostilités .

- La stratégie définit et met en œuvre les moyens d' obtenir la victoire dans la guerre ( approche globale )- C' est la conception et la coordination des moyens dans une perspective d' ensemble .

- La tactique met en œuvre les moyens au combat en vue de la victoire dans la bataille - << C' est la conduite du combat, les manœuvres d' une armée sur le champ de bataille pour mener les troupes à l' attaque >> .

Seules les deux dernières disciplines entrent dans notre domaine d' étude pour ce chapitre, mais il nous faudra en ajouter une troisième qui concoure indirectement à établir le même lien de subordination : Ce sont les liens de "dépendance". Intéressons-nous à quelques aspects fondamentaux de chacune de ces notions ....

 

Section I - Principes tactiques -

 

81- Vous connaissez probablement quelques-unes des fables de Jean de la Fontaine ( …. Poète Français du XVIIE° siècle ) ? ? L' une des plus célèbre marqua la mémoire de nombreux écoliers par un récit extraordinaire, plein de féerie et de morale : C' est l' histoire de "La grenouille qui voulait être plus grosse que le bœuf ". Présomptueux petit batracien qui finalement, aux dires du poète, périt de sa vanité . Cette leçon mérite d' être réfléchie, car elle fixe en quelque sorte les limites de l' un de nos paragraphes avenirs sur "l' illusion de puissance" ... . Plus généralement, car certains principes ont cette vocation de s' élever sur un degré de généralité qui les rendent vrais en tous domaines, connaître ses limites vous permettra d' éviter bien des déboires en stoppant l' expansion de vos entreprises sur des dimensions appropriées . Le meilleur tacticien ou stratège sera voué à l' échec s' il perd cette qualité essentielle de savoir mesurer ses prétentions . Les sciences de la guerre ne sont donc rien à elles seules. Elles sont un complément de votre formation politique et citoyenne en vous permettant de faire valoir des ambitions légitimes ou vos droits, certes au besoin par la force, mais jamais pour le plaisir que procure la force ni pour en faire l' instrument exclusif d' une politique fondée sur ce seul aspect relationnel .

L' illustre auteur des fables ( douze livres parus de 1668 à 1694 ) nous fournit un travail intéressant à plus d' un titre . Le premier enseignement réside dans l' habile maquillage métaphorique de ses leçons qui visaient en fait à dénoncer les comportements, tromperies, intrigues et manipulations de ses contemporains . Le second nous révèle, de manière étroitement lié au précédent, le lien existant entre la forme de pouvoir et le mode de censure qui permet d' encadrer la critique, contenir le niveau de connaissance et la circulation des d' informations dans les limites exigées par la continuité du système institutionnel ou conceptuel en vigueur .

Afin d' échapper à la censure, La Fontaine choisit de transfigurer ses morales : Les animaux seront les acteurs de récits fantastiques et poétiques . La liberté de parole est parfois à ce prix dans les pays soumis à une quelconque forme de surveillance . Rassurez-vous ! .... ces images et métaphores ne sont pas l' apanage exclusif de nos aïeuls, la liberté de parole est un mythe que tout le monde défend, mais que bien peu de gens respectent dans les faits ... et nos auteurs contemporains savent faire preuve d' une troublante imagination pour habiller de "politiquement -ou moralement- correct" leurs allégations . Je vous laisse vous replonger un court instant dans quelques-unes de ces anecdotes avant de poursuivre ... .

Nous évoquions ci dessus les limites d' un procédé . Pour ne prendre qu' exemple, il ne faut effectivement pas trop espérer ni abuser des apports de ces techniques. "L' illusion ou l' intimidation", que nous allons examiner dans un instant, ne peuvent être le fondement d'aucun pouvoir .

Elles n' ont généralement de valeur que sur une courte durée pour "gagner du temps"ou sur un plan psychologique pour servir une politique "d' intoxication" des autorités et (ou) personnels subalternes adverses . De plus, un tel subterfuge n' est valable que dans le cas précis ou l' adversaire à "leurrer" ou "impressionner" ne peut avoir une connaissance précise de la "Composition" ni des "Structures" de votre organisation, faute de quoi le stratagème ne serait d' aucune efficacité . Chaque aspect tactique possède donc ses limites ainsi que ses pièges . Il vous faut apprendre à les connaître pour mesurer les cas précis où ils seront de bon aloi . Mon travaille consistera ici simplement de vous en énumérer les piliers, mais il ne relève pas de mon propos de vous en détailler les conditions, paramètres précis où les cas d' application . Vous devez trouver original et peut-être étonnant de tomber sur cet axiome militaire en partant du sujet politique principal . Pourtant, il existe de nombreux points communs dans l' esprit des deux notions .

Il en est de même pour toutes les sciences dont les mécanismes de réflexion font appel à des schémas identiques et utilisant des principes comparables au sommet ultime de leur expression . La stratégie, ainsi que la "tactique" est à l' art militaire ou à la politique ( sens large ) ce que la rhétorique est en quelque sorte à "l' art du discours" : Le cadre d' expression de certains mécanismes relationnels ou conflictuels pouvant s' appliquer à l' ensemble des activités et des rapports entre individus .

La connaissance, vous disais-je précédemment, est à mon sens "indivisible"et les différents aspects qu' elle revêt ne sont que des "adaptations circonstanciées" des mêmes règles générales et abstraites . Les principes que nous aborderons ici, polyvalents et pluridisciplinaires, pourront s' intégrer à la totalité des activités, occasionnelles ou quotidiennes, tant personnelles que professionnelles .

Ils fixeront et orienteront utilement toutes considérations en créant une méthode de traitement de il' information, adaptée selon les impératifs dictés par une discipline spécifique d' application . Il n' y a pas de frontière tangible entre ces différents savoirs, même si, pour vous les décrire, il m' a fallu les intégrer à des cas d' espèces et exemples caractéristiques qui ne peuvent que semer la confusion ... . J' en suis désolé, mais notre langage, comme notre logique, implique de procéder ainsi . Nombreuses règles dont vous avez pu prendre connaissance jusqu'ici dans cette réflexion sont extraites de sciences totalement étrangères au domaine de la politique : Biologie, philosophie, tactique du jeu d' échec, sociologie, technique de vente, astrophysique, ... cela vous choque t-il ?... Faites-en de même !

Débarrassez-vous des préjugés et des cloisons qui jalonnent votre esprit et vous quintuplerez vos connaissances et votre capacité créative . Quant à moi, je suis prêt à vous livrer deux ou trois enseignements issus de la tactique martiale .

 

Je simplifie ici mon approche . La tactique s' échafaude autour de trois idées pivots qui délimitent les phases cruciales de son passage à l' action :

 

82- § 1- Observer la position et quantifier les ressources adverses // leurrer l' adversaire sur vos propres éléments de forces -

 

Ce premier impératif conditionne étroitement l' échafaudage des stratégies dites d' espionnage, d' infiltration et de surveillance aérienne ou satellite pour définir la position et la teneur des forces adverses . Ces différentes techniques tentent d' appréhender la volonté et les objectifs de l' état-major ennemi pour anticiper ces mouvements, mais cette prospection peut avoir des effets inverses si l' ennemi démasque l' opération et vous entraine dans une opération "d' intoxication": Les renseignements doivent donc être corroborés par des indices matériels probants ( proportionnels, identifiables et convergents : Il ne s' agit pas de conclure la direction d' une offensive sur la seule présence de quelques pièces d' artillerie ou d'infanterie, ces mouvements doivent être confirmés par un faisceau d' éléments ) . Cette phase tactique donne toute son importance aux techniques d'espionnage afin de s'informer au maximum sur la dispostion d'ensemble des forces et sur les directions de mouvement du dispositif offensif.

L' aspect psychologique, préalable au combat, consiste à décupler le moral de vos troupes et à saper celui de l' adversaire en lui faisant parvenir des informations de nature à le mettre en doute sur le bien fondé de ses motivations ou sur le potentiel comme la férocité de ses forces armées comparé aux vôtres, ... informations qui seront de nature à susciter l' effroi et la paralysie, déterminantes au combat !

 

A -La démonstration de force usurpée ( démoraliser les troupes adverses par ...) :

Cette technique touche d' assez prés le concept contigu et typiquement militaire dit de "dissuasion". Notre hypothèse se donne l' ambition d' engendrer un résultat sensiblement équivalent en laissant planer le mythe d' une puissance aussi redoutable qu'efficace . La manœuvre consiste parfois en une pseudo- démonstration de force, qui aura valeur d' exemple, d' intimidation ou d' avertissement auprès d' une population ( sens statistique ) à mettre en garde ou impressionner . L' opération portera évidemment sur un "ennemi" choisi et prédéfini par vos conseillers en fonction d' un risque mesuré . L' issue de l' opération ne doit faire aucun doute .

C' est sur ce point que s' opère la distinction avec sa notion jumelle : La "pré définition" et le "calibrage" du risque face à un ennemi "construit" et choisit sur mesure, ... subjectivement présenté comme une puissance redoutable alors que ce n' est matériellement pas le cas . Les informations résultant de la joute, dont le résultat semble déterminé par avance, seront largement diffusées par vos médias pour leur donner plein essor . Bien menée, l' opération donne de bons résultats : Vous forger une réputation de meneur, et conquérant avec lequel il ne faut pas se mesurer sous la peine de subir d'importants dommages . Elle suscite l' admiration par la crainte, procure au vainqueur une image de force et solidité qui impose le respect .

Le procédé est cependant susceptible de travers dans l' hypothèse ou l' adversaire parviendrait à se faire une part de gloire malgré votre succès ( victimisation, statut de martyr, évocation de l' aspect héroïque de la lutte, révélation de la supercherie ), vous devez donc prévoir ces déviances par un cumul de stratégie ( contrôle de l' information - division - isolation - discrédit...) . L' affaire doit par conséquent être bien pesée car la moindre erreur sur un paramètre peut entrainer la débâcle médiatique, l' aspect psychologique ne devant pas être sous-estimé... il se trouve être la clef de la réussite des conflits modernes . Les tactiques globales mettent en jeu le caractère aléatoire de l' issu d' un combat . La logique militaire est effectivement probabiliste : Carl von Clausewitz ( général et théoricien militaire prussien - XIX° ) évoquait cette considération en ces termes : << ….Chacune des deux parties tâchera de prévoir l' action de l' autre en tirant ses conclusions du caractère, des institutions, de la situation et des conditions où se trouvent l' adversaire, et y accordera la sienne propre en se servant des lois du calcul des probabilités >> . L' histoire de la guerre est pleine d' exemples révélant des décisions fatales qui résultèrent d' une méconnaissance ou d' une mauvaise prévisions des intentions et des capacités de l' adversaire . Bien évidemment, l' hypothèse militaire peut tout à fait être adaptée au milieu politique, par exemple au travers d' une prétendue lutte avec un adversaire ambitieux de la même famille ou parti politique (... candidat évidemment sélectionné parmi les plus incompétents ou les moins dangereux ! ) qui convoiterait votre poste afin de lui infliger une sévère correction dans les règles de l' art et donner

l' illusion que vos prérogatives peuvent être disputées, mais sans succès, selon un mode ( pseudo-) démocratique . La débâcle de cet infortuné devrait amener les ambitieux à pondérer leur volonté de se mesurer à vous .

 

B -- Inciter un adversaire "caché" à sortir de l' ombre -

Il est particulièrement difficile de se battre contre un adversaire invisible ou caché menant des actions de type terroristes ou souterraines, sans laisser d' identité, de traces ni revendications . Pourtant cette situation délicate est loin d' être une hypothèse d' école, ce peut-être dans le cadre des relations internationales où des ennemis à votre cause se ligueraient secrètement pour peser et ainsi agir à votre encontre; mais encore dans l'hypothèse interne où une équipe concurrente mènerait des actions souterraines pour déstabiliser et mobiliser l' opinion publique contre vos structures .

Ce contexte est certainement le plus délicat pour l' autorité qui sera dans l' obligation de tendre un dispositif ou un quadrillage physique complexe réduisant par ailleurs les ressources disponibles et créant un climat "policier" défavorable à l' image de celui qui l' entreprend ( technique subversive adoptée par la résistance Française après la défaite des troupes conventionnelles lors de l'invasion Allemande ) .

- Il est donc nécessaire de mettre au point une stratégie de révélation qui consiste, pour l' autorité souveraine, par l' intermédiaire des "services spéciaux"( ? ), soit en de fausses actions, revendications, rumeurs, allégations ou accusations, qui obligeront le groupuscule à révéler ses caractéristiques et motivations pour ne pas être décrédibilisé, soit dans l' élaboration d' un piège ( avec un appât choisit sur mesure en fonction des dernières actions : le but consistera à cerner les critères des cibles visées par l' adversaire et d' en exagérer la portée de maniére à progressivement cerner, puis canaliser ces agissements . Vous n' aurez finalement plus qu'à l' attendre sur le terrain de ses prochains objectifs ), ou encore en diverses atteintes menées de la même façon sur les intérêts parallèles des suspects potentiels, désignés comme tel par des indices de recoupement, contraignant le véritable auteur à trahir son hostilité, car seul celui-ci pourra interpréter la réplique comme étant liée à ses propres "exactions".

- Par des moyens détournés, il est très envisageable de s' approcher, de cerner, puis de "ficher" les candidats à telle ou telle autre pratique en leur permettant d' exercer quasi-librement leur violon d' ingres au sein de structures établies proposant un accès indirect ou dérivé de l' activité compromettante . Ces institutions seront pour vous un lieu de renseignement et un moyen de contact .

- Pour faire sortir un ennemi tapi dans l' ombre ( ou qui ne montre pas son "vrai" visage ), il suffit parfois de recourir à la "provocation" ou à la "calomnie"( médiatique - conceptuelle - factuelle : De préférence par personne interposée ) - D' autres prêchent le "faux" pour savoir le "vrai" -

La méthode de la provocation est aussi imparable que systématique lorsqu' elle est "généralisée" : Elle devra donc prioritairement s' adresser et toucher les éléments ou adhérents de base du camps adverse; précisément ceux qui sont susceptibles de s' emporter parce qu' ils réagissent avec fougue et impétuosité . Menés dans les retranchements de ce qu' ils prétendent être ou incarné, en les sollicitant sur les points faibles ainsi que sur les contradictions inhérentes au dogme qu' ils défendent,

vos détracteurs ne tarderont pas à commettre l' incartade révélant leur "vrai" profil, celui dont vous ferez la publicité afin de les "décrédibiliser" .

- Un adversaire qui refuse d' entrer dans vos circuits institutionnels de dialogue ( ... donc ceux par lesquels vous seriez quasiment certain de parvenir à le "démentir" par le concours de l' ensemble de vos techniques relatives

à l' inflexion de l' information ) peut y être contraint en l' entraînant dans une phase "judiciaire" au cours de laquelle ( procédure, instruction, médiatisation et mode de régalement vous y aidant ) il devra répondre de ses actes et développer ses thèses - Cette technique suppose de disposer de services spécialisés afin de traquer les moindres faits et gestes de la cible et de saisir les autorités compétentes à la plus petite incartade . Ce préalable étant engagé, il ne restera plus qu' à le conduire dans votre spirale de l' information : Le voilà piégé !................. ( Cf - infra 165 - notion voisine - " L' incitation à recourir aux procédés institutionnels" ) .

 

- C - Les procédés "d' illusion" -

"L'illusion", comme la majorité des principes, peut tantôt être considérée sous un angle tactique, tantôt sous celui plus général de stratégie lorsque son procédé revêt une dimension globale et déterminante de l' engagement . Cette technique peut porter sur divers registres :

- Sur un Lieu - de réunion, de passage, d' attaque, de stockage ou production ...

- Un Instant ou un événement - Elle consiste alors à créer un doute à propos d' une date ou l' effectivité

d' un événement particulier, redouté mais attendu (... moment d' une attaque par exemple, à l' instar de

la campagne de désinformation relevant des services secrets des forces alliées précédant le débarquement en juin 1944).

- Un Personnage - confusion de personne ( sosies- ou multiplicité des convois ) afin de protéger des personnalités de premier plan ...

- Un Contenu - forces physiques humaines ou matérielles ( illusion de puissance ), notion

qui nous intéresse ici à l' exclusion de toutes les autres ...

* Illusion positive : Elle consiste à feindre de posséder une force ou un élément inexistant ou exagérer son potentiel pour impressionner l' adversaire; constatez que toutes les illustrations ne sont pas forcément militaires, loin s' en faut ...

. La manipulation comptable ou médiatique :

Les organisations militantes, politiques ou représentatives sont toujours en quête de légitimité par la démonstration de leur potentiel humain auprès des médias et de leurs adversaires . La difficulté majeure réside dans le fait d' une certaine démobilisation des masses concernant les luttes collectives . Qu' à cela ne tienne ! Les stratagèmes permettant de gonfler artificiellement les effectifs ne manquent pas :

Dans un premier temps, on peut commencer par fournir des chiffres surévalués mais invérifiables sur le nombre d' adhérents . Ainsi remarque t-on souvent le décalage significatif entre les chiffres officiels (qui ne sont pas forcément plus objectifs ) et les données transmises par les organismes représentatifs .

Par ailleurs, afin de donner une illusion de masse lors de manifestation, il est toujours possible de fédérer une multitude d' organisations autonomes et indépendantes sous une prétendu cause commune dont vous serez le principal porte-drapeau placé en tête de cortège - vous semblerez ainsi mener un groupe unique . En y réfléchissant bien, il est aussi concevable de transmettre à la presse quelques clichés photographiques judicieusement cadrés par une habile perspective donnant une trompeuse impression

d' abondance . Mais on peut de la même façon et dans le même ordre d' idée concevoir un circuit de manifestation fermé dont les passages cycliques laisse un sentiment d' affluence en tout point du parcours .

. Les forces physiques imaginaires - ( concept principalement militaire )

L' idée consiste à tromper l' adversaire ( ... et surtout de l' impressionner ! ) sur le potentiel de vos forces matériels ou à propos de vos ressources . L' astuce est vieux comme le monde ! Souvenez-vous de ce siège où les occupants d' un château jetèrent les derniers gibiers pour décourager les assaillants de poursuivre leur projet macabre ou de ces plages encombrées de pièces d' artillerie en plastique qui décourageront d' attaquer par la mer . Nous avons tous en mémoire ces reportages d' actualité dévoilant la supercherie de photos satellites où des État-majors procèdent au décompte du matériel blindé, canons ou installations ennemis qui sont en fait du matériel "gonflable" destinées à leurrer l' adversaire sur les lieux de stationnement, le potentiel, le mouvement des forces mécanisées ou la zone de convergence des troupes . Les défilés militaires en terrain occupé n' échappent pas cette règle que nous venons d' illustrer dans le paragraphe précédent : Des itinéraires en boucle donne l' illusion de profusion et décuple l' effet de masse, tout en laissant disponible le matériel opérationnel pour les opérations militaires s' effectuant sur le front .

* L' Illusion négative :

C' est exactement l' inverse de l' hypothèse précédente . La méthode équivaut à cacher l' existence d' une force, d'un allié d'importance qui fera la différence, feindre de ne pas disposer d' une efficacité ou d' un potentiel suffisant - Technique à dominante militaire- qui vise un effet de surprise, en espérant un relâchement de la concentration des troupes ou des positions adverses afin de prendre un avantage en déployant au meilleur endroit et au meilleur moment des forces dissimulées qui feront la différence. 

L ' art militaire utilise en effet un paradoxe surprenant, habilement décrit par Edward Luttwak << Une manifestation courante de l' ingéniosité tactique consiste à accorder une préférence paradoxale au moment le moins opportun et à l' itinéraire le moins favorable... aux voies d' accès les plus dangereuses ( probabilité de résistance ) et cela en vertu de l' essence même de la guerre >>. S' enchaine logiquement sur ce précepte l' idée de "sacrifice"et "diversion" auquel nous avons eu recours à mainte reprise dans les chapitres précédents . Les capacités du matériel à disposition représentent une donnée fondamentale à partir de laquelle les états-majors élaborent l' ensemble de la stratégie offensive et défensive ( portée , vitesse de progression,... ) . Il peut dès lors sembler crucial de cacher (ou leurrer) l' adversaire à propos des données relatives aux technologies mises à disposition sur le champ de bataille afin d' en utiliser le potentiel comme un instrument de surprise ou de surclassement . Dans le cadre de cette logique, il est possible d' échafauder une campagne d' intoxication préalable en montrant des matériels désuets ou archaïques face à l' ennemi dans une bataille sacrifiée, afin de lui procurer un sentiment trompeur de supériorité . Surprendre l' adversaire en portant votre estocade à l' endroit ou de manière inattendue n' est-elle pas une considération générale applicable à l' ensemble des rapports conflictuels ? !

Une illustration parfaite et parallèle de cette méthodologie peut être observée concernant la distribution des ressources lors des périodes électorales où les moyens financiers, forcément limités, sont alloués en fonction de l' observation des affectations adverses; une telle manœuvre de désinformation pourrait avoir la conséquence de démunir vos concurrents sur un terrain déterminant et de vous laisser le champ libre sur une circonscription qui ferait la différence dans les calculs de majorité ....

 

83- § 2 - Équilibrer les forces :

 

Seconde étape tactique, cette phase consiste, après avoir dressé un bilan rigoureux des possibilités et potentiels adverses, point par point, à strictement barrer la route ou être capable de répondre à l' offensive ennemie en terme qualitatif et quantitatif ( ... en fonction des capacités et du volume matériel ou humain concentré face à vous sur un espace géographique déterminé ) -

A - Principes généraux -

Même en dehors du champ de bataille, la notion d' équilibre des forces prend une dimension particulière depuis l' avènement des sociétés structurées : Plus que jamais [ ainsi que l' affirme Carl von clausewitz "... la guerre n' est en aucun cas un acte autonome et ( ... ) ne peut être séparée de la vie politique" -

" La guerre est une branche de l' activité politique"], nous nous apercevons que la guerre n' est qu' un moyen au service de l' action politique, ... partie intégrante du phénomène sociétaire .

Que ce soit en temps de paix afin de sauvegarder les centres vitaux d' une menace potentielle, en temps de crise dans l' intention de se préparer à l' affrontement, puis au moments des hostilités pour unir ainsi que coordonner les forces vers ce dessein ultime que représente la victoire, tous les éléments de la structure sociale sont mis à contribution . Le conflit implique bien de la part des belligérants la coordination de tous les moyens disponibles, ... et pas seulement des forces militaires !

En cas d' agression, il faut pouvoir répondre à la menace en temps et au lieu précis où se déroulera l' action . ( En fonction des informations obtenues en phase précédente - ) :

A la première phase succède donc son corollaire de "l' équilibration des forces". La technique ne vaut cependant que si la mise en parallèle n' a lieu avant l' engagement ( ... précédemment au rapport de force physique ) . C' est d' ailleurs une technique à part entière que de prendre un avantage avant cette phase

"d' installation" des forces, par la rapidité d' action ou par une désinformation obtenue au cours de la phase précédente . Ce principe chronologique ne vaut donc globalement que préalablement à la confrontation , mais conserve néanmoins une partie de son efficience pour les forces placées en arrière de la ligne de front et qui attendent, soit de monter à l' assaut, soit de renforcer les lignes ou encore de faire la différence en lançant une offensive majeure .

Lors des combats ( sur la ligne de front - fait ne correspondant qu' avec les conflits classiques ) le mouvement et l' enchainement des opérations fait parfaitement coïncider ces deux phases ( observation & équilibre ) qui tendront progressivement à se confondre, au point d' englober, dans le temps et l' espace, non seulement les premières mais les trois parties que je m' efforcé ici d' énumérer en paragraphes successifs .

Telle sera alors la difficulté pour l' État-major : Éviter l' anarchie menant à la débâcle et savoir méthodiquement restructurer les "lignes" pour maintenir la cohésion vitale du dispositif, ainsi que relancer les offensives successives et nécessaires à la désorganisation des forces adverses .

 

B - Notion de structures -

L' équilibre des forces m' inspire la notion "statique" de disposition des forces pour assurer un "face à face" efficace et dissuasif sur la future ligne de front .

D' une façon générale, l' organisation des différents éléments de votre armée, les voies et modes de communication, l' interconnexion entre ces composantes déterminent en majeure partie la puissance du dispositif offensif et défensif -

Je m' efforcerai aujourd' hui de vous en décrire sommairement ses aspects les plus fondamentaux :

1- Nous commencerons par un constat simple sur la "structure de réalisation" ( organisation des forces économiques - militaires - voies de communication ) : Elle définit l' efficacité du système et doit être prévue de façon continue, bien au delà de l' engagement militaire, dans le cadre d' un plan d' aménagement du territoire pour en faciliter la défense ainsi que celle des organes vitaux ( centre de décision, zone de production, lieu de stockage des matériels militaires, garnisons, etc .. ) .

Ce plan définira l' implantation des structures ( par "zone") en fonction des spécificités du terrain et des ressources - Chaque secteur doit être "autonome" et disposer de l' ensemble des structures nécessaires à sa sécurité ainsi que pour son fonctionnement ) .

2- "Armature du dispositif & Topostratégie": La configuration du terrain constitue le premier élément à partir duquel l' état-major doit élaborer et structurer, tant sa ligne de défense que sa future stratégie d' attaque .

En premier lieu, il est toujours prudent de réduire la zone de contact ( frontalière ) avec des ennemis potentiels - Lorsque la configuration des lieux ne permet pas de satisfaire cet objectif ( montagne - étendue et cours d' eau, forêts, etc ...), il sera possible de recourir à un "espace tampon" . Cette dernière option met en œuvre barrière artificielle, constitué de rempart fortifié ( ex de la ligne Maginot, tranchées ) ... ou matérialisé par une série de villes ( ou villages ) - La situation est idéale lorsque ceux-ci ne peuvent être "violés" par l' adversaire en raison d' une appartenance étrangère aux parties en conflit - qui ralentiront la progression de l' envahisseur ( .. à l' image de certains villages du moyen-âge qui prévoyaient des rues très étroites pour faciliter la défense des lieux, ...jusqu'à ces escaliers dont les colimaçons assuraient une facilité d'opération pour les gardes du palais ) .

3- stratification des structures - Quoi qu'il en soit, la structure du dispositif ne manque jamais d' être "stratifiée" : Les centres décisionnels, les zones productives ainsi que les bases stratégiques où sont entreposées les technologies militaires dites "de supériorité" doivent être profondément enfouis dans votre dispositif et prudemment être protégés par différents procédés ( graduels ) d' alerte et de défense visant à épuiser les intrusions avant qu' elles ne touchent le cœur de votre système ( notion de "poste avancé" et "d' avant garde" - de "force d' interposition et d' interception" ) .

- La "géostratégie" est d' abord une lutte pour les "bases" : La diplomatie doit permettre au prince, par l' intermédiaire de son état-major, de disposer de forces ( notion de "base avancée" ) au plus prés du terrain de crise, même et surtout lorsque celui-ci se trouve à l' extérieur - Ces structures avancées, placées hors de votre zone d' influence directe, incarnent le volet extérieur et nécessaire de votre action .

- La topologie du terrain fait qu' il se trouve toujours des points de passage ou des zones stratégiques :

L' état-major doit y apporter un soin tout particulier ( protection - jonction avec la structure environnante ) lorsqu' ils font déjà partie de sa zone d' influence ( ... et rapidement s' en rendre maître dans le cas inverse, puis construire son avancée sur ces noyaux structurels ) .

4- "Base" et "réserve" : Structures élémentaires du dispositif militaire conventionnel -

* Définition-

La "base" représente <... La zone où sont rassemblées les équipements et les services nécessaires à une action offensives ou défensive ( - dico hachette ) > - C' est la ligne sur laquelle s' appuie et se ravitaille une armée en campagne [ entretient et stationnement du matériel ] - Il existe différent type de base en fonction de son lieu d' implantation et de son affectation ( Base extérieure, relai, avancée, etc ... ) . La base peut être provisoire si elle répond à un besoin immédiat et ponctuelle, pour les besoins d' une opération particulière ( réunir du matériel et des personnels en vue d' une percée,

soutien logistique ) - Le terme s' adresse et reste valable concernant les trois corps d' armée ( Terre - Air -Mer ) .

Importance des "réserves": < ... Ce sont les forces disponibles que le commandement peut engager à tout moment dans la bataille ... ( hachette) > - La réserve à 2 fonctions : Prolonger et renouveler le combat - Servir en cas d' imprévu - Elles peuvent être déterminantes dans certains cas ! : Placées en retrait, derrière la ligne de front ( ... qui font obstacle à l' ennemi ), elles permettront de fournir

les effectifs de supériorité à l' endroit où le commandement décidera de faire converger sa force de frappe; lorsque les informations sur le déroulement de la bataille et l' emplacement des forces auront permis de constater ( de manière certaine - Attention aux opérations d' intoxication et aux pièges! ) un point faible dans la structure adverse .

* Implantation -

Où le commandement doit-il placer ces structures élémentaires en attendant l' engagement ? :

Les "réserves" seront implantées en fonction du théâtre d 'opération : Pour desservir rapidement, et en toute sécurité, la zone à ravitailler -( sans pour autant les exposer directement au feu ennemi - Elles seront donc placées "hors de portée" ) . Il en va de même des lieux de stationnement des troupes et du matériel qui doivent disposer d' une voie de repli, ne jamais être isolés ( du reste de la structure ), ni encerclés ou immobilisés par la menace ennemie .

5- Une répartition harmonieuse des structures - Principe de suffisance -

Les ressources ( militaires ) doivent être réparties selon les foyers de menace - Cependant, aucun point du territoire ne doit être exagérément "dégarni" - en évitant à l' opposé une trop grande "concentration" (.... Équilibre des forces, sous peine de devenir le point faible de la structure . Cette remarque sous-entend que le prince ait conscience de la puissance de son armée pour y adapter la taille de son empire, car la "dilution" des forces ne peut être qu' un point de départ pour la défaite -C' est le principe de "suffisance": En terme quantitatif et qualitatif, les forces physiques [ matériels et hommes ], les moyens de communication et de liaison, ainsi que la logistique doivent correspondre à l' objectif et à l' ambition fixée, en fonction de la résistance prévisible des forces ennemies ) -

6- L' infrastructure - Les éléments de la structure doivent être reliés entre eux par des "voies" de communication fiables, suffisantes et protégées, permettant la circulation des matériels, des personnels et des ravitaillements ( pour compléter les dispositifs, satisfaire aux besoins de ravitaillement et assurer le repli en cas de besoin ) - Les hauts dignitaires de la société romaine, au début de notre ère, furent les premiers à concevoir l' importance des voies de communication pour déplacer les troupes - Des services spécialisés eurent en charge de sans cesse développer et rénover le réseau de routes pavées . Le prestige et la gloire de cet empire démontre l' importance de ce paramètre infra structurel .

7- Dichotomie fonctionnelle - Il est intéressant pour l' état-major de se conformer autant que possible à la structure en "binôme"(... Elle correspond audédoublement de tous les éléments ainsi qu'à une mise en parallèle : Les éléments du dispositif se feront "face à face" et serviront à la fois de sentinelle et de protection l' un pour l' autre ) . Cette méthodologie peut concerner l' ensemble du système, de la base au sommet de la structure : Voies de communication, bases de stockage, dispositif structurel et "offensif", ... jusqu'au légendaire binôme de soldat progressant de front sur le champ de bataille - Le principe semble même faire son intrusion dans la conception des engins !...

N' est-il pas classique aujourd'hui pour les techniciens de l' aéronautique de dédoubler les moteurs et les commandes des appareils supersoniques ?

 

84- § 3 - "Créer une supériorité" / Créer ou profiter d'une "faiblesse" dans la structure adverse /... défaire une partie de ses positions et lui imposer votre progression .

Ce nouveau postulat s' impose encore au delà de toute démonstration, y compris à l' encontre de nos valeurs morales qui commandèrent pendant des siècles l' observation d' une certaine éthique dans la conduite des affrontements singuliers ( Duel au XIX° siècle ) ! Pourtant, lors des grands conflits, quelle que soit l' époque considérée, les généraux usèrent de toutes les ruses et perfidies pour mener leurs troupes à la victoire ! ... Les grands prédateurs ne font pas plus de cadeau aux troupeaux qu' ils traquent et n' hésitent jamais à s' en prendre aux bêtes les plus "faibles", celles malades ou les moins rapides ! ... Une attaque aérienne n' est décidé que si le commandement peut avoir la conviction de faire intrusion dans la couverture radar ennemie, précisément là où se profile son point faible : Entre ou derrière des montagnes, voire à basse altitude ! ... Mais ne vous imaginez pas à l' opposé que la "société civile" puisse échapper à ce même principe : Lorsque l' avocat défend son client, il s' appuiera sur les lacunes, imprécisions, faiblesses ou contradictions ( qui ne sont rien d' autre que des faiblesses ) des différents textes de lois régissant le sujet ! ... Les grands groupes idéologiques s' affrontent depuis toujours en soulevant les faiblesses du dogme adverse !! ... Les "groupuscules de pouvoir" qui attentèrent jadis aux libertés des citoyens usèrent des faiblesses du système démocratique en cherchant justement les limites des garanties constitutionnelles : Nous avons pu observer, et observerons à maintes occasions, que ces valeurs comportent de sérieuses lacunes (... voire des points faibles ? ) parce que les textes et organes qui en assurent le respect sont régis par des normes "inférieures"( moins protégées !), soit imprécises, soit faisant l ' objet d' une certaine inertie coutumière ou de fait que les textes peinent à appréhender . Bref ! .... Il importe surtout de comprendre le phénomène dans son ensemble .

Revenons sur le front - Pour satisfaire cet impératif d' engagement et faire la différence, divers registres tactiques sont à votre disposition :

 

A -- La diversion -

Elle à pour but de détourner l' attention de l' adversaire (ou concurrent) afin de l' occuper sur une action sans intérêt réel, et bénéficier de l' absence qui en découle sur le terrain que vous avez décidé : Là où se déroulera en réalité l' affrontement .

- Les fausses manœuvres, le sacrifice, « l' intox » - Ce sont les instruments principaux de cette problématique . Le centre d' intérêt doit être déplacé de sa substance réelle et être substitué par un contenu fictif ; l' ennemi doit être irrésistiblement attiré ( ...par de faux intérêts, en sacrifiant quelques pièces ou éléments subalternes dont on sait l'adversaire en quête ) et avoir la certitude que vos priorités ou objectifs se situent sur un "terrain" construit de toute pièce par une stratégie de désinformation ( faux documents et témoignages ) et d' indice matériels trompeurs - ( circulation de matériels et emplacements logistiques artificiels - Engagements sporadiques donnant l' illusion d' une préparation d' envergure sur une zone décalée de celle qui servira de point de passage principale de vos forces. Cette diversion se complète en obligeant l'adversaire à dénuder ses forces de certains points stratgéiques en exercant une pression sur plusieurs zones et intérêts sensibles contigues .

 

B - Appât - Guet-apens - Effet de surprise -

Les trois techniques sont souvent combinées pour mener une partie des forces adverses dans une embuscade afin de réduire le potentiel offensif global de ces forces sur un point donné et vous donner libre court sur tel autre . Pour ce faire, le commandement à tromper doit être motivé par des indices matériels ou de faux renseignements qui le motivera à chercher un bénéfice ou un avantage immédiat, en fait inexistant ( L' appât : ce peut être la capture de personnalités ou de renseignements déterminants, une victoire facile sur un objectif peu protégé, des ressources dont il se trouve être en pénurie, etc... ). Le piège tendu se refermera lorsque l' ennemi, emmené dans un étau fatidique ou une configuration défavorable, verra fondre sur lui une implacable puissance de feu .

L' effet de surprise peut encore se traduire par l' intervention inopinée d' une force supplémentaire ( numéraire ou technologique ), cachée jusqu' alors et qui vient faire la différence en submergeant les positions ennemies sur un point mal adapté ou en infériorité numérique . D' une façon générale, le principe commande de réfléchir aux actions auxquelles l' adversaire s' attend le moins et de s' engager dans cette brèche . L'illustration la plus significative de ce stratagème réside dans l'exemple antique du "cheval de Troie" : Les troyens, finalement imprudents, introduisirent ce colosse de bois, laissé par l'ennemi, dans leur murs en s'imaginant ramener un trophée de guerre faisant suite aux dix années de siège menées en vain par leur ennemi grec - Mais ce cadeau était en fait un abri cachant des guerriers qui profitèrent de la nuit et de l'effet de surprise pour ouvrir les portes de la cité, jusque-là imprenable . L' armée des envahisseurs emporta finalement la bataille et la ville finit en cendre -

 

C - Tactique fondée sur l' inadaptation de la disposition des forces adverses -

L' idée repose sur le fait de lancer une offensive sur des pièces dont la disposition ne se prête ni à

l' attaque ni à la défense . En effet l' art militaire repose principalement sur une méthodologie quasi bureaucratique déterminant des phases caractéristiques : Montée au front suivie d' un retour à l' arrière après déroulement des opérations; ordres de combat entrecoupés de disposition de déplacement, de mise en joue ou de repos . Ainsi, une puissante et indestructible colonne de chars prête à l' assaut se retrouve totalement inoffensive et démunie en phase de repos ou d' entretien ! Concrètement, la stratégie aboutit à des opérations qui se déroulent pendant le mouvement des colonnes ennemies, pendant la nuit, au cours d' un ravitaillement, etc ... .

 

D - La multiplication des fronts ( La tenaille - L' encerclement - Le contournement suivi d' une attaque à revers ) - désorganisation et harcèlement des arrières de l'adversaire -

Ce procédé tactique fut largement utilisé à toutes les époques et consiste à ouvrir un front direct et d' envergure obligeant l' ennemi à y concentrer, diviser une part importante de ses forces . Pendant ce temps, vous prendrez soin d' organiser un contournement de ce front, et par une seconde attaque ( la tenaille) opérée de préférence par des forces amies ou alliées, vous affligerez l' ennemi sur ces lignes "arrières", là où précisément la structure des forces se prête mal à ce genre d' agression . Il fut procédé ainsi pendant la seconde guerre mondiale contre l' Allemagne nazie en multipliant les fronts, obligeant Hitler à diviser les siennes entre l' Est et l' Ouest . La multiplication des lignes de feu permet souvent de prendre un ascendant dans le conflit . Les techniques d' observations aériennes actuelles ( par satellite ou avion espion ) ont cependant bouleversé les données élémentaires de cette méthodologie : La supériorité technologique du matériel d' action et d' information sont désormais une composante fondamentale à côté des facteurs de "masse" et de "géostratégie". Il peut aussi s' agir de déstabiliser les structures profondes ( logistiques - voies de communication - site de production ou de stockage des matériels - carburants , etc ...) afin de priver le front ennemi de sa substance : Les intrusions commandos, les troupes aéroportées, les bombardements aériens ou par missiles sont les instruments de prédilection pour la réalisation de ce genre d' opération . Un autre procédé peut consister à stopper ou ralentir l'adversaire dans sa progression en l'obligeant à faire marche arrière pour rejoindre un centre névralgique ou jugé d'importance ( ...dont la protection fut délaissé ou négligé dans la fougue de l'expansion ) menacé par vos soins à cet effet -

 

E - La percée - L' effet de masse & l' apport d' une supériorité matérielle o numéraire sur une zone localisée - //- Combat corps à corps ou tenir l' ennemi à distance -

Elle ne peut généralement se combiner qu' avec une tactique de désinformation, de diversion ou grâce à une discrète manœuvre d' approvisionnement et constitue souvent le point de départ de toute tactique offensive sur la ligne de front . Ce procédé élémentaire s' intègre cependant inévitablement dans une stratégie globale de déstabilisation de l' adversaire en associant diverses actions concomitantes ( portant sur ses arrières, les points de ravitaillement, les lieux de stockage du matériel, etc ) ... pour essouffler sa capacité de réaction sur le point où s' effectuera la percée . Mais encore, cette brèche ouverte dans les positions adverse devra-t-elle s' intégrer dans une perspective et sur un endroit mûrement réfléchi de manière à préparer ou favoriser la suite des opérations ( division des forces adverses, préparations d' une tenaille ou d' une attaque à revers, conquête d' une zone géostratégique pivot, etc ... ) . La manœuvre implique de sélectionner un endroit ( ...que vous aurez... ) fragilisé dans les positions ennemies ou de concentrer des forces offensives en surnombre pour ouvrir un passage conséquent dans la structure adverse .

Ce point de passage ouvrira peut-être un corridor sur la victoire . Parfois, l' avantage provient du transport sur les lieux de l' affrontement, de manière inattendue, non pas d' une supériorité numérique mais d' un matériel qui surclasse la capacité ennemie ( puissance de feu & portée supérieure ) .

- De votre matériel peut donc dépendre le type de stratégie à adopter pour mener l' offensive :

Si vous disposez d' une supériorité quant à la portée de feu, vous utiliserez cet avantage pour !@#$%^&*éner vos coups à l' abri d' une riposte adverse - Par contre, si vous deviez être en infériorité sur cette question, vous opterez pour une stratégie de "contact", voire "d' intrusion"- Vous imiterez ce boxeur aux abois qui empoigne son adversaire pour l' empêcher de taper, ... ou le poulpe qui, démasqué malgré la performance de son camouflage, se jette sur son assaillant dans un sursaut réflexe, animé par l' espoir ultime de sortir vainqueur de cette étreinte mortelle . Voyez encore la tactique Vietnamienne qui consista à terrer ses combattants dans de véritables réseaux souterrains et piéger la forêt, à défaut de rivaliser avec la technologie de ses ennemis occidentaux : La technique fut payante et les mènera à la victoire !.... . Il n' existe donc pas de fatalité, aucun combat n' est perdu d' avance ! ....

 

F - Une progression efficace et protégée -

Cet objectif comporte cinq aspects concomitants :

. Conserver le plus longtemps possible les secrets de votre plan d' attaque ( préparation discrète ) .

. Frapper à l' endroit et au moment le plus inattendu .

. Marteler, submerger l' adversaire ( Effet de masse : supériorité numérique et matérielle de l' équipement ) sur le point où aura lieu l' offensive.

. Porter un coup décisif dès les premiers mouvements ( L' attaque doit être opérée sur un point clé de la structure adverse, ce qui aura pour effet de déstabiliser la totalité de ses positions . Par exemple en désorganisant les arrières ;en bloquant le mouvement ou le déplacement de pièces stratégiques, voire en obligeant celui-ci à retirer des éléments importants pour les replacer sur des sites accessoires- Cette redistribution ne pouvant qu' engendrer une fragilité .)

. Procéder à une avancée harmonieuse et équilibrée - Sur ce point, je vous recommande d' observer la tactique du jeu d' échec et notamment la stratification des forces derrière la ligne de pion : En effet, ce n' est pas un hasard si la disposition initiale du jeu prévoit cette ligne composée de huit pièces assez peu mobile . Cette "avant-garde" ne représente ni un fardeau, ni un obstacle au mouvement des grosses pièces; ... bien au contraire : Elle concrétise le fer de lance, quitte à procéder au sacrifice, pour creuser une brèche dans la structure adversaire tout en protégeant les pièces fondamentales de votre jeu . Revenons à notre sujet - Lors de votre progression en terrain ennemi, il vous faudra consolider et fortifier les positions conquises, ... cette méthodologie vous imposera, entre autres nécessités, de ...

 

G - Protéger l' arrière et les flancs, assurer un ravitaillement suffisant des troupes et des matériels -

Cette règle impose d' une part de ne pas trop étirer la ligne de front afin de ne pas dissiper outre mesure la puissance et la résistance des forces en lice, mais encore de s' assurer de ne laisser aucune capacité de résistance derrière les positions les plus avancées ( sauf opération du type commando qui a vocation particulière de frapper et de se retirer consécutivement pour fragiliser les structure statiques ou opérationnelles de l' ennemi ), et pour finir de ne point constituer de brèches importantes entre les éléments de votre force

en progression car l' ennemi pourrait s' y loger .A mesure de l' avancée des troupes, de véritables réseaux logistiques doivent être constitués avec l' installation de point de ravitaillement réguliers et protégés pour satisfaire les nécessités matérielles .

C' est là une des faiblesses des progressions trop rapides ou des Empires trop grands ... de créer des espaces susceptibles d' être "corrompus" par les forces adverses . Impératif vital, c' est aussi une véritable tactique que d' éloigner l' adversaire de ses sources ou point de ravitaillement, en l' incitant à entrer profondément dans vos lignes ( appât ), afin de fragiliser ses structures logistiques pour enfin le juguler sa progression . Maintes armées puissantes et aguerries furent défaites par ce biais et il vous faudra garder en mémoire de ne jamais vous couper des lignes énergétiques .

 

H - "L' usure" - couper les voies de ravitaillement / de communications - L' état de siège -

C' est un procédé classique qui consiste à vider progressivement et inexorablement les forces de l' adversaire en lui infligeant une série interminable de toutes petites agressions, individuellement sans importance ( ... ce qui ne signifie pas pour autant qu' il faille s' attaquer à n' importe quoi, de proche en proche, les pertes infinitésimales doivent se transformer en véritable carence pour l' adversaire ) mais dont le cumul et la répétition finissent par occuper, saper ses forces, déstabiliser et mobiliser l' ensemble des ressources pour protéger la moindre de ses possessions .

C' était jadis, le rôle de la résistance Française pendant l' occupation Allemande et particulièrement en préparation du débarquement des forces alliées en juin 1944 . Cette tactique peut donc revêtir un aspect stratégique lorsque, globalisée, elle vise à systématiquement détruire les ressources, approvisionnements et les voies de communications adverses pour le priver de ses soutiens logistiques, comme de toute coordination et l' obliger à renoncer à la poursuite des combats, faute de moyens, d' ordre et d 'information des centre de décisions . L' usure peut aussi se concevoir comme technique d' épuisement d' une attaque adverse . C' est le procédé utilisé par le commandement soviétique pour contenir la déferlante des blindés allemands lors de la dernière guerre mondiale : Une succession de ligne furent dressées face à l' ennemi pour progressivement encaisser, ralentir puis finalement stopper sa progression . La technique, obligeant à une débauche de moyens, humains et matériels, pousse les protagonistes aux confins de leurs possibilités - Celui des deux qui ne peut y satisfaire finira par céder ! Dans notre exemple, l' acharnement, le sacrifice héroïque et le froid eurent raison de l' armée allemande .

Le siège consiste à priver l' ennemi de sa liberté de mouvement, lui interdire tout contact avec l' extérieur et obtenir son asphyxie en le coupant de ses approvisionnements . Mais cette victoire ne s'appréciera que si vous prenez garde que le temps qui passe peut aussi jouer en faveur de l'ennemi si celui-ci parvient à se faire rejoindre par un allié qui vous harcèlera ou s'il peut, de son îlot, vous réserver une mauvaise surprise : Observation et prudence seront de rigueur ! Vous obtenez le même résultat en privant, sans recourir au siège lorsque la zone d' influence ennemie est trop vaste, en détruisant systématiquement les points de ravitaillements ou les voies de communication adverses . Exsangue, l' ennemi n' aura plus qu' à négocier les conditions d' une capitulation .

 

I - La politique de progression et d' éviction par la "terreur" -

Le principe est vieux comme le monde, mais nos sociétés évolués peinent à le regarder et tendent à l' oublier tant il peut être choquant au regard de nos valeurs morales . Toutes les armées y ont pourtant eu recours ! L' idée consiste à fomenter les éléments d' une pression psychologique qui poussera l' adversaire à reculer ou se retirer par lui-même plutôt que de subir les désagréments de la proximité avec l' ennemi . Pour contribuer à cet effet, les conspirateurs mettront en œuvre une panoplie comportementale et relationnelle de nature à susciter l' effroi chez leurs voisins : Atrocité sur les victimes, mœurs barbares, accrochages récurrents, ambiance délétère lors des rencontres, climat de haine et de ségrégation, politique de destruction systématique par le "feu" sur les édifices et constructions ennemis pour grignoter le terrain, etc ... .

 J - Tactiques & Attaques fondées sur le facteur temps - ( Attaque commando / "guerre éclair"- principe à la fois tactique et stratégique - )

Manœuvrer une armée reste une opération lourde et fastidieuse même si le déplacement des colonnes et des divisions reste un aspect incontournable de la cristallisation des forces sur le terrain . L' efficacité offensive du matériel moderne ouvre la porte à de nouvelles stratégies fondées sur une agression localisée, aussi prompte que violentes, opérée subrepticement par des forces minimales, puissamment armées, autonomes et déconcentrées vis-à-vis de leur corps d' origine . Ces opérations visent globalement à intervenir rapidement pour annihiler ou s' emparer d' éléments vitaux placés au cœur de la structure adverse, préparant ainsi l' intervention des forces conventionnelles, mais toujours en faisant en sorte que la cible n' ait ni le temps de réagir ni le temps de transmettre l' alerte .

 

- Section II- Principes Stratégiques -

 

85- J' en ai retenu une quinzaine qui me semblent de portée universelle et applicables en toutes les circonstances conflictuelles, quelle que soit le domaine ou le registre du rapport de force considéré -

( Jeu, rapport humain, conflit collectif, stratégie militaire ou commerciale, etc ...) . Certains sont issus de la

théorie classique, d' autres sont le fruit de ma prospection dans les manuels d' histoire et de politique .

 

1- Observation et quantification des forces et des protagonistes - Analyse de la stratégie adverse :

Le premier impératif pour échafauder votre futur plan d' action commande de dénombrer les intervenants de la scène considérée, car elle n' est pas toujours militaire, d' identifier la part de ces acteurs qui vous sont opposés, les ententes qu' ils ont opéré, la fraction d' ennemis potentiels capables d' aligner une force suffisante, ainsi que menaçante face à la vôtre et surtout les intentions de chacun . Le but étant de ne pas être pris au dépourvu ( Ne pas perdre l' initiative ), et d' avoir le temps de développer vos divers stratégies avant que "l' offensive" soit engagée, afin de l' empêcher si vous êtes en situation de faiblesse et pour prendre les devants dans le cas contraire . Ce commandement sert donc de canevas à l' ensemble des contacts entrepris sur le plan des négociations politiques ou diplomatiques et justifie l' observation des partenaires, comme des protagonistes par des techniques officieuses relevant plus ou moins de l' espionnage ( sens large ) . Ainsi que nous venons de le voir dans la précédente section, le principe possède son pendant tactique qui consiste à mesurer sur le théâtre d' opération la force, la position et le mouvement des forces ennemies sur le front - Mais plus encore, cet ordre d'idée possède son affirmation dans le déroulement même de la trame guerrière car il est stratégie à part entière de retarder ou éviter l'affrontement physique jusqu'à ce que vos installations, matériels, forces humaines ou conditions politiques ne soient au paroxysme de leur puissance . Mais je trouverai sordide de n' envisager la chose que sur le registre conflictuel . Sur la scène internationale, ce même schéma relationnel est une préoccupation constante des nations pour éviter l' isolement et anticiper les crises . Il faut d' ailleurs constater en ce domaine une certaine stabilité des relations, doublée d' une évolution qui n' est toujours que trés lente : Les Etats alliés ou partenaires ne deviennent que rarement des ennemis jurés du jour au lendemain; les tensions ou conflits d' intérêts mûrissent lentement. Ceci dit, il faut être lucide sur le lien vous unissant à vos partenaires et être capable d' en jauger la force et la sincérité afin de ne pas subir un brusque revirement de situation qui pouvait se prévoir du seul fait de la nature de l' entente ou des relations ! Autre remarque d' importance : Nous venons d' observer dans la "conclusion" du chapitre précédent ( Diplomatie ) que ce siècle de progrès fut le siège d' un accroissement considérable du nombre d' acteurs sur la scène internationale - En conséquence, il faut bien constater la complexité du dialogue entre puissances souveraines et la nécessité de prendre conscience que les vieux modèles, nés de l' époque des relations "bipolaires" doivent être améliorés, voire corrigés, faute d' être sérieusement contestés par les puissances naissantes; ces institutions étant totalement en décalage avec les réalités du terrain, elles font peser un risque sur l' efficacité de leurs actions et décisions .

Le dernier aspect de ce principe, mais pas des moindres, nous fait observer à quel point il est important de suivre et comprendre les agissements de l' adversaire . Votre stratégie ne peut être statique ou figée mais doit s' adapter, voire même dans certains cas se calquer sur celle de l' ennemi - Dans sa configuration idéale, elle devrait parfaitement s' imbriquer sur ses défauts et imiter ses points forts afin de s' en servir contre lui ! A l'image de cette philosophie particulière exprimée au sein des arts martiaux Asiatiques où le combattants se sert de la force ou l'élan de son assaillant pour la récupérer dans son système de défense -

Je n' évoquerai que l' exemple de l' armée Romaine, menée par Scipion, qui utilisa contre Hannibal sa propre technique de combat pour finalement défaire l' armée carthaginoise à Zama ( Numibie - 202 av JC . Défaite qui marqua un revers déterminant dans l' épopée des guerres puniques et qui scella le sort funeste de Carthage .

 

2- L' activité : La réalité du terrain commande de ne pas rester passif et d' employer à fond ses moyens pour atteindre le plus vite possible les objectifs, ôter à l' ennemi sa liberté d' action par l'exercice d' une pression constante afin de l' empêcher de re-prendre l' initiative ou de se réorganiser après un revers .

L' inactivité entrainerait par ailleurs un relâchement du moral et de la discipline . Encore qu'il ne faille pas tomber dans le travers opposé d' un activisme désordonné et incohérent (... fondé sur de mauvaises informations, celui-ci peut être bien plus nuisible que l' inactivité ! ) . En conséquence, l'inactivité ( l' attente ) ne devient un avantage vous concernant que si vous savez l' ennemi engagé dans une action qui lui portera tort et à condition d' être en position de le recevoir "convenablement" .

 

3- Concentration / Effet de masse : Ce principe consiste à réunir le maximum de force sur une zone qui sera définie comme l' axe principal de la confrontation; de manière à disposer d' une masse de manœuvre ou de choc inégalable en ce point déterminant ...

 

4- Isoler l' adversaire : Corollaire du précédent, il prescrit d' une part de veiller et contribuer à

l' étalement des forces adverses mais encore de limiter les connivences et appuis qu' il pourrait trouver avec des puissances étrangères ou rivales à vos intérêts .

4- bis : Former une coalition (...de capacité supérieure à l' adversaire ) : Vous devez réunir autour de vous une coalition capable de supplanter les forces adverses, et si possible d' en assurer la direction -

L' isolationnisme est donc à proscrire, ce qui ne vous interdit pas de conserver des moyens de pression discrets ou indirects pour contenir les velléités dominatrices de vos futurs collaborateurs ( division, mise à disposition de forces ou matériel d' un potentiel inférieur; dépendance par les approvisionnementsou par l' intercession de vos structures en un point quelconque de la chaine matérielle ou décisionnelle ) . Ces ententes doivent coïncider avec une dimension géographique pour circonscrire l' extension territoriale des ennemis les plus directs et les plus dangereux . L' union peut être sceller sur des intérêts communs, par exemple sur un projet d' expansion partagé, ou plus rarement sur un chantage ( sur les éléments de moindre importance ) en brandissant la menace d' une perte ou pénalité pour les opposants les plus faibles .

 

5- Direction- objectif- Notion"centre de gravité": C' est une ligne imaginaire indiquant l' axe selon lequel doivent être menées les opérations pour obtenir une efficacité optimale . Itinéraire idéal reliant le point de départ et d' arrivée qui n' est pas forcément l' objectif en lui même, mais le trajet le plus indiqué pour atteindre cet but . Le "centre de gravité" détermine le point vers lequel doivent être dirigées les énergies en fonction des caractères dominants de la puissance de l' adversaire . Ils peuvent être matérialisés par les différents pôles de la vie sociale : Par exemple ... Centre politique ou décisionnel de façon à priver l' ennemi de sa "matière grise".

Approvisionnements extérieurs et alliés principaux lorsque l' ennemi est tributaire d' autrui .

Zone productive ou lieux de stationnement des garnisons lorsqu' il est possible de porter un coup décisif en privant l' ennemi d' une grande partie de sa force, concentrée par erreur ou par nécessité sur un lieu exigu .

 

6- L' économie des forces (... ou des moyens ) : Elle commande de rechercher l' usage maximal des forces - aucune fraction de celles-ci ne doit rester inactive ou employée en sur effectif, à mauvais escient pour conquérir des objectifs dérisoires : C' est la proportion des moyens face au but poursuivi .

Il est cependant admis d' affecter, de concentrer le gros des forces au but principal ( faire nombre au point décisif ) .

 

7- L' initiative - Importance du "facteur temps" - La Temporisation :

< ... La meilleure des défenses, c' est l' attaque !... >

Je considère ce paramètre comme étant probablement le plus important du répertoire stratégique s' il est judicieusement allié à son corollaire qui consiste à générer une pression permanente sur l' adversaire afin d' empêcher toute réaction ! Elle permet donc de prendre un avantage, d' anticiper sur lui de manière à lui ôter sa liberté d' action et à le contraindre à subir votre volonté . La saisie de l' initiative dépend de la vitesse de réunion des forces et de la méthode de lancement des opérations - Problème fondamentalement matériel et logistique : Il faut que vos moyens soient prêts dans un délai plus court que ceux de l' adversaire ou laisser supposer à l' adversaire que l' attaque n' est pas d' actualité . En règle générale l'initiative est liée à l'idée d' offensive - ( par définition, l' autre protagoniste subira votre action ) - Les principes cumulés d' initiative, de surprise et d' activité sont d' ailleurs d' ordre général et ont leur place dans tous les domaines et à tous les niveaux de conflits : Il est trés logique que celui qui prend l' initiative dans une combat singulier à poings levés pour étourdir son adversaire se dote d' une supériorité de fait, idem lors d' un conflit armé ... ou d' un duel de western en donnant un avantage certain à celui qui dégaine le premier ! Prenez encore l' exemple du prédateur qui guette sa proie et lance son attaque au moment le plus inattendu .

Notez encore cet exemple caractéristique de l' avantage que se donne l' initiateur d' une activité économique ( le chef d' entreprise ), en élaborant et détenant l' initiative des relations, processus comme les moyens de production, etc ... . Ces avantages correspondent certainement plus ou moins à des conséquences liées au phénomène "d' initiative" . Il semble évident qu'il y ait une prime à "l'action" dans un monde physique où tout ce qui "est"doit subir les conséquences des systèmes environnants en respect du principe évolutionniste - En précédant l' action naturelle, l' inspirateur oriente, ( s' accapare !) une partie des mécanismes qui influent sur le "devenir", et c' est à ce titre qu' il se dote d' un avantage sur celui qui subit ou attend le déroulement des faits .

En règle générale, nous pouvons avancer l' hypothèse selon laquelle toute stratégie militaire digne de ce nom doit déployer son action au travers du facteur temporel - Justement de manière à prendre l' ennemi de vitesse : Pour anticiper ses mouvements et l' attendre sur un terrain où il pensait vous doubler, l' empêcher de constituer des bases et arrières solides à mesure de sa progression, ... s' opposer à toute forme d' organisation pour constituer les lignes de front ou de les approvisionner - Bref ! Il s' agit de maintenir la pression pour empêcher l' adversaire de prendre ou reprendre l' initiative / Il vous incombera de choisir en fonction de votre disposition et de vos capacités matérielles ou offensives : ... guerre "éclair" pour qu'il n' ait pas le temps d' organiser sa défense, ... ou stratégie de long terme pour l' essouffler... et venir à bout de ses structures matérielles . Il semblerait que les stratégies modernes se retranchent progressivement derrière cette dernière conception en faisant bonne place à la lutte politique .

A l'opposé, il semble donc envisageable de citer la notion de TEMPORISATION comme le pendant politique et stratégique de ce premier volet intégrant un "timing" précis du déroulement offensif. En effet, le recours à une stratégie diplomatique de temporisation peut efficacement servir de méthode afin de s'assurer un temps nécessaire à la reconstruction d'une défense ou d'une armée efficiente. Certains stratége antique allèrent jusqu'à concéder des terres, signer de "faux" traités de paix, en replliant leur armée afin d'occuper et calmer les ardeurs offensives d'un assaillant en vue de préparer une reconquête. L'armée Russe, lors de l'offensive allemande ( seconde guerre mondiale ) eu recours à ce procédé de ralentissement à la progression en créant une succession de "barrage" qui usèrent et retardèrent la percée fasciste.

 

8- Définition et "occupation" des points névralgiques du terrain : ( notion stratégique ou tactique suivant l' échelle d' application ) . Cette politique impose de savoir définir sur les cartes d' État-major de grande échelle les positions géographiques stratégiques ( en fonction des ressources, point de passage obligatoire et des objectifs de conquête ) et d' y mener des forces suffisantes pour occuper la position et y interdire toute intrusion . Ce peut être un carrefour ( Gibraltar, suez ), un point haut ( plateau ) permettant de contrôler une zone par l' observation et d' y positionner des troupes afin de faire respecter votre politique, un point d' approvisionnement, un raccourci, un passage obligatoire pour rallier deux zones distinctes mais contiguës . D' une façon générale, ces points névralgiques vous assurent la maîtrise des alentours ( filtrage, observation, communication, implantation d' une force de frappe ) .

 

9- Occuper le terrain pour en exclure les adversaires - (organisation d' une stratégie d' occupation sur le moyen et long terme ) - Lors d' une entreprise de conquête, l' objectif principal consiste effectivement à s' emparer d' un territoire pour vous en rendre maître . Cette manœuvre sous entend inévitablement d' élaborer une politique d' occupation et de substitution par l' implantation de colonies fortifiées qui empêcheront les populations exclues de revenir sur le site.

 

86 - 10- La dissuasion -

Elle est aujourd' hui étroitement associée et fonde l' essentiel de son action sur une arme spécifique dotée d' une puissance sans équivalent - Poursuivant sa quête éternelle de l' arme ultime pour assouvir son fantasme d' une domination éternelle, totale et incontestable, l' homme pensait avoir trouvé réponse à ce défi avec la découverte scientifique qui marqua ce milieu de vingtième siècle : La fusion et L' arme de destruction massive . Mais il n' en fut rien ! La faculté d' adaptation de l' être humain réduit rapidement à néant cet espoir chimérique - Après une brève période d' effroi, les acteurs de la scène internationale trouvèrent le moyen de contourner la menace du feu nucléaire . L' arme de l' apocalypse n' empêcha finalement pas les conflits d' éclater partout dans le monde, même si une codification ainsi que des protocoles spécifiques se mirent progressivement en place pour satisfaire aux exigences de ce nouveau modèle relationnel et conflictuel . L' essence du rapport de force se veut par définition mouvant et la supériorité des civilisations, comme celle des espèces sur la scène animale, forcément transitoire, ne peut résider sur le seul fondement d' une pseudo panacée militaire . ... Balivernes me direz-vous ? Pour vous convaincre, il me fallait obtenir des avis d' experts se rapprochant plus ou moins de mes propres conclusions . Le concept fait l' objet de nombreuses études et je préfère vous renvoyer à ces ouvrages spécifiques pour prendre connaissance des notions qui y sont relatives . Je ne pourrai ici que vous en dresser des contours sommaires, subjectivement interprétés, sur les bases théoriques fournies par des professionnels de la question .

- Extrait bibliographique ( "TRAITE DE STRATÉGIE" par Hervé Coutau bégarie - 4° édition - Economica ) :

- cf : "Inversion du rapport, "utilisation de la force // Menace de la force" - Essence de la dissuasion -

<< ( ... ) . .... Une grande nouveauté de la stratégie contemporaine est imputable à l' arme nucléaire : Avec la bombe, le risque d' ascension aux extrêmes s' identifie désormais à la menace de l' apocalypse, rendant caduque la définition Clausewitzienne de la guerre comme continuation de la politique .

A l' ère atomique, le risque est toujours plus grand que l' enjeu dés lors que les intérêts vitaux de l' agressé peuvent être mis en cause et qu' il dispose d' un volume de forces nucléaire lui permettant de satisfaire au principe de suffisance . Dés lors, un conflit comportant le risque de recours à l' arme nucléaire doit être évité à tout prix, car même celui qui dispose d' une supériorité écrasante ne peut avoir la certitude d' échapper à la riposte adverse . l' impossibilité d' échapper aux représailles rend irrationnelle toute entreprise susceptible de déclencher le feu nucléaire . La dissuasion semble intrinsèquement liée aux caractéristiques de l' arme absolue, mais celle-ci n' est pas séparable des moyens conventionnels qui la complètent ... ( ... ) >> .

Cette dernière phrase me semble assez significative ... et c' est sur le fondement de celle-ci que j' approfondis mes recherches . Le vecteur nucléaire semble bel et bien avoir pris sa place dans un dispositif d' ensemble qui permet de lui donner sa pleine efficacité en agissant de prime abord sur le seul terrain capable de lui donner sa vrai dimension : L' imaginaire et le fantasme de l' apocalypse . L' élément psychologique demeure encore et toujours un aspect déterminant de l' action dissuasive :

La crédibilité dépend principalement de la conviction qu' auront les ennemis que le détenteur serait prêt à utiliser son potentiel de destruction . L' approche veut alors que le possesseur émette des signaux pour avertir du sérieux de la menace - On parle alors de "stratégie déclaratoire", (... souvent matérialisé par des "niveaux d' alerte") destinée à prévenir les adversaires sur une montée en puissance du dispositif selon un protocole connu des parties et dont l' issue finale se soldera par la réplique nucléaire .

Cette codification de l' alerte permet aux agresseurs éventuels de mesurer le niveau de danger sur lequel ils se placent en conséquence de leurs actes, leur permettant de faire marche arrière avant d' atteindre le seuil fatidique . L' ensemble des paramètres de l' arme ( puissance, contamination des sols, risque d' escalade et problème de la riposte immédiate ) lui donnait vocation à s' inscrire au sein de registres capables d' intégrer la plénitude de cette dimension : Prévenir les conflits en suscitant l' effroi chez celui qui prend le risque d' un affrontement .

Il est bien établi que, compte tenu des risques et des lourdes conséquences qu' elle fait encourir, cette forme d' engagement ne puisse intervenir que concernant des centres d' intérêts jugés vitaux .

Le risque d' escalade associé à la puissance de l' arme limitait de fait considérablement ses possibilités d'emploi . L' esprit même de la dissuasion étant de détourner quelqu' un de son projet en conséquence du risque lié à cet entreprise; le potentiel de l' arme la destinait donc par définition à ce type d' emploi : Susciter l' effroi - Au demeurant, en terme de crédibilité, il n' était pas question de brandir une telle menace à la moindre altercation, car les belligérants finiraient par se familiariser avec son spectre et de ne plus croire au sérieux des avertissements . On ne protège pas n' importe quel intérêt avec un potentiel si dévastateur et en général, seuls les plus directs ainsi que les plus proches ont droit à ce traitement de faveur, comme par exemple, en priorité, l' intégrité du territoire national ! Encore qu' à l' opposé, la ligne de démarcation ne doit pas être, ni trop étroite ni précise, car les ennemis pourraient penser qu' ils auront les mains libres au delà ( cf guerre froide / épisode de la Corée - chapitre de la diplomatie ) .

Contre toute attente, l' incroyable puissance de l' arme atomique n' allait pas pour autant transformer le jeu classique de la stratégie : D' une part, le modèle des relations internationales, dominé par la rivalité entre États depuis l' aube des temps, ne pouvait se métamorphoser subitement ou miraculeusement en un consensus irréfutable, et la situation ne put en réalité qu' engendrer un nouvel équilibre centré sur les impératifs de cette menace, en faisant intervenir de nouvelles conceptions du rapport de force, plus subtiles, mais sans pour autant bouleverser les données séculaires . Par ailleurs, le monopole Américain n' allait pas durer et l' ensemble des grandes puissances se dotèrent bientôt de l' arme de destruction massive . L' impératif de neutralisation des forces pour créer cet équilibre de la terreur ne fit que conduire au surarmement sans jamais résoudre le problème de fond : Personne ne pouvait se vanter de posséder le titre de noblesse que l' arme promettait, mais elle contribua certainement à l' établissement d' une stabilité,... encore que toute relative - Des conflits d' une nouvelle nature virent le jour . Cette période historique consistant en la recherche d' un équilibre fondé sur l' arme ultime s' accompagna de crises multiples supposées ne pas mettre en jeu lesdits "intérêts vitaux" protégés par ce vecteur d' arme :

Serait-il raisonnable de vous ressasser l' exemple caractéristique des conflits par pays interposés illustrant la guerre froide . C' est aussi un fait historique que les grandes puissances actuelles constituèrent l' essentiel de leur "Empire" précédemment à l' invention du vecteur nucléaire, et que ce matériel ne vînt que tardivement couronner un état de fait "préexistent" . Un État pauvre et immature ( politiquement et économiquement ) aurait-il d' ailleurs les moyens techniques, financiers, scientifiques et militaires d' élaborer et de mettre en œuvre un dispositif d' armement nucléaire ? .... Il y a peu de chance ! Et tant mieux, car dans ce cas, il y aurait certainement un risque accru de dérapage . Tout juste pourraient-ils se livrer à des actes terroristes en bidouillant une bombe "sale". J' en conclus à titre personnel que la menace de l' apocalypse entre les grandes puissances n' est qu' une chimère sans fondement réel, qui cependant nous fait encourir un risque de dérapage le jour où les superpuissances qui les détiennent se désagrégeront ... seuls vrais cas où il pourrait être fait utilisation déconsidérée de son potentiel ( ...hypothèse de la fin des empires - Exemple de l' URSS - : Accident de maintenance pour un État qui n' aurait plus les moyens financiers d' en assurer l' entretien - ...ou celui encore plus improbable mais dramatique de récupération par des groupes terroristes qui achèteraient quelques ogives à des hommes politiques corrompus ou se cherchant quelques protecteurs ) .

Le temps faisant son œuvre les hommes s' habituèrent à "l'impensable" et entreprirent de réintroduire envers et contre tout la logique stratégique de l' apocalypse dans le principe de réalité . Sur le plan politique, l' arme devînt le symbole de la puissance ( les nations possédant l' arme nucléaires constituèrent un "comité restreint" ); sur le plan militaire, la miniaturisation permis de mettre en œuvre des vecteurs, fort heureusement jamais utilisés, à l' échelle tactique du champ de bataille .

Pourtant, la notion de dissuasion, c' est là le sens et l' orientation de notre modeste discussion, ne s' entend pas que sur la question nucléaire; elle existait bel et bien antérieurement à ce vecteur d' arme comme le précise volontiers l' auteur du traité cité en référence - Pour ainsi dire, les êtres vivants semblent même en avoir fait leur cheval de bataille sous diverses formes depuis l' apparition des êtres complexes ...

<< (...)- extrait - ... Au XVIIIE° siècle déjà, le comte Schaumbourg Lippe esquisse une théorisation de l' effet psychologique à la guerre < Il faut bien distinguer dans la science des combats entre ce qui est efficace par soi même, mettant il' ennemi physiquement hors d' état de nuire, d' avec ce qui ne produit cet effet que par le sentiment de crainte et n' agit principalement que moralement >. Connaissant le principe de surévaluation de l' esprit humain <<... l' art consiste souvent à faire naître ces impressions exagérées et l' on réussit ainsi par imposition (... ) En 1940, le Président Roosevelt décide de transférer la flotte de la côte ouest des États-unis à Hawaï, c' est à dire de la rapprocher du Japon dans le but de dissuader celui-ci . Ce n' est qu' à l' ère nucléaire que la dissuasion devient une catégorie stratégique à part entière . Encore que la conception, qui semble aujourd' hui évidente, ne s' est pas imposée d' elle même !.... Peu après sa mise au point, l' arme était simplement considérée comme une bombe disposant d' une puissance accrue . Certes, le nombre limité d' armes dans l' arsenal Américain n' autorisait pas une grande diversité de scénarios : Jusqu'en 1953, on privilégie le concept d' emploi et non de dissuasion ! L' année 1957 est un tournant avec les deux livres d' Henry kissinger ( diplomate Américain - 1923 ) - (... ) ...>> - fin de l' extrait -

.... En effet, dans son acception générale, <<... la dissuasion contrebalance, équilibre un danger potentiel par la crainte suscitée chez l' adversaire de perdre des intérêts au moins équivalents sinon plus importants que les gains convoités, rendant la perspective de cette menace inutile ... >>.

Pour ma part, je voulais savoir si cette définition pouvait recouper en un point quelconque notre sujet sociologique et coïncider avec mon propos politique de lutte pour le pouvoir dans la société politique . La prospection fut de courte durée, quelques instants suffirent pour m' apercevoir qu' il est très concevable d' étendre et généraliser l' esprit de ce mode relationnel à l' échelle des groupements humains ( Partis politiques, lobbies, syndicat,... ) qui composent le tissu social ... comme d' ailleurs à l' essentiel des espèces pour peu que l' on se place sur un angle conflictuel et que l' on observe le génie des êtres vivants pour prévenir le dangereux, voire mortel conflit physique : Le chat dresse ses poils et se cambre pour intimider son agresseur, le hérisson se met en boule et présente ses pics, d' autres, comme le serpent, se dressent puis émettent des sons stridents, certains poissons se gonflent d' eau ( poisson Porc-épic - famille des diodontidés ), le chien grogne et montre ses dents acérées, l' être humain hurle et s' agite en adoptant une attitude menaçante . Tous espèrent néanmoins ne pas avoir à employer cette force et que cet artifice suffira pour DISSUADER l' adversaire d' attaquer, car tous espèrent ainsi éviter l' affrontement direct et ses irrémédiables conséquences !

La survie implique une lutte perpétuelle afin de se protéger ou prendre un ascendant sur ses congénères comme sur les autres espèces . Les protagonistes de ce conflit, tantôt prédateurs, tantôt victimes, s' entourent des artifices ou réalités qui leurpermettent d' échapper aux mauvais sorts et ainsi assurer la pérennité de leur lignée génétique . La dissuasion, après le camouflage qui aura pour mission de faire échec aux modes de perception adverses afin d' éviter le contact, s' identifie alors comme le premier élément de cette panoplie comportementale liée à la survie . Le rapport de force nucléaire n' a de spécificité réelle que dans le sens où il met en œuvre une dimension sociale au travers de techniques purement inventées par l' homme et probablement encore du fait que son utilisation mettrait en péril la vie sur terre dans son ensemble ... d' où le lourd handicap lié à son utilisation : A quoi servirait-il de libérer un territoire de ses occupants s' il n' est même pas possible de le récupérer par la suite ?

Le modèle comportemental observable dans nos sociétés humaines évoluées (... constituées en groupuscule selon le schéma actuel ) mette automatiquement et systématiquement en œuvre des mécanismes de régulation dérivés et équivalents de la dissuasion pour établir un équilibre entre les diverses composantes du tissu social . Comme dans la nature, le respect de cet équilibre passe inexorablement par l' émission et l' identification de signe de menace, réels voire parfois factice, ou de riposte potentiels en cas de remise en cause du statu quo; toujours afin de prévenir un choc majeur . Chaque élement de cet édifice composite se donne malgré tout, sciemment ou inconsciemment, pour fonction d' observer et identifier les signes de faiblesse de l' adversaire pour saisir la moindre opportunité d' une "attaque"à la plus petite défaillance, surtout à moindre "frais", lorsque le seuil de vulnérabilité sera atteint - Cette attitude semble profondément inscrite dans l' ordre des choses ! Les paramètres que nous évoquions ( surveillance de l' adversaire, camouflage, dissuasion ) ne sont donc que les éléments immanents et incontournables de cette réalisation, nous n' avons fait qu' adapter ces règles à nos protocoles réfléchis sans en changer les processus fondamentaux . Il est d' ailleurs probant de constater dans l' actualité politique les signes précurseurs de ce rappel à l' ordre, lancés par la partie sollicitée et censés faire la preuve de sa réactivité avant que l' assaillant n' entreprenne de poursuivre trop loin son offensive : Lorsque des affaires judiciaires relatives à une potentielle corruption des milieux politiques, retentissent et défrayent la chronique, nous pûmes observer avec quelle rapidité et réciprocité de traitement l'ensemble de l' horizon politique sera progressivement et systématiquement balayé par le même type de scandale en application du principe élémentaire "d' Action - Réaction - Neutralisation" : L'avertissement est simple de la part de celui qui subit la première sollicitation << ... Si tu m' attaques, je te rendrai coup pour coup et personne n' en sortira indemne ... >>... N' est-ce pas là un des principes fondateurs de la dissuasion ? Partout et dans tous les domaines d'application se retrouvent les mêmes principes fondateurs et constitutifs de la nature -

11 - Ne jamais subir les manœuvres dilatoires adverses -

Le déploiement et la progression de votre dispositif d' engagement doit, autant que possible, dans la limite du raisonnable, prévoir avant le passage à l' action les principales hypothèses de réponses adverses ( ... contre-attaque, mesure de représailles, report des forces, hypothèses de ripostes concevables sur la scène du conflit ) . Car l' ennemi n' aura de cesse de reconquérir l' initiative dont vous l' avez privé dans l' engagement du conflit, en vous entrainant dans divers subterfuges dont nous prenons connaissance ici même, ainsi qu' au travers de l' ensemble des données de cette étude . (.... cf diplomatie, principes tactiques, etc ... ) . Certains protagonistes vont jusqu' à conclure une trêve artificielle ( qui leur permet en fait de restructurer leurs lignes ), de faux traité de temporisation, une paix ou un repli factice ( prenez l' exemple du cheval de la ville de Troie ) pour prendre ou reprendre l' avantage perdu au cours de la bataille . Il existe donc des actes qui font "double emploi" et qui permettent, derrière une apparence trompeuse de "gratuité", de préparer une offensive majeure -

Je vous citerai deux exemples de "mouvement" tirés du jeu d' échec : La "double menace" qui permet d' obliger l' adversaire à sacrifier l' une des deux pièces visées par un même foyer de menace ; .... et le "dégagement" qui révèle subitement une ligne de menace, dissimulée jusqu' alors par une pièce de moindre importance qui s' efface .

 

12 - Le glacis de protection -

Tout dispositif comporte un noyau, des éléments vitaux, et d' autres, considérés comme accessoires ou satellites . Il est hors de question d' exposer les premiers éléments de cette hiérarchie au feu direct et de prendre le risque d' immédiatement les compromettre.

Vous aurez grand intérêt à protéger le noyau de votre dispositif par des "couches" successives qui encaisseront les coups les plus durs de l' assaut ennemi, vous laissant le temps d' organiser une réponse adéquate à la menace . A bien y réfléchir, ce procédé "d' éloignement" n' a rien d' inconnu dans le milieu naturel; à l' image de cet épineux qui se protège des herbivores (?) par un rempart de piquants . Vérifiez cette hypothèse en vous reportant au manuel d' histoire, les grands Empires modernes ne manquent jamais de constituer autour d' eux un espace "tampon", matérialisé par des puissances étrangères, mais alliées (... étroitement surveillées et encadrées pour satisfaire à cette mission ) . Ainsi protégé ( à moindre frais - puisque ce glacis se compose de puissances souveraines ), la nation "phare" verra-t-elle venir de loin toutes formes de menace .

13 - Garder de bonnes relations avec les ( concurrents ) puissants -

S' il ne faut pas tomber sous le joug de vos adversaires, cela ne veut pas dire pour autant qu' il faille s' en faire des ennemis jurés . Il est préférable de cibler ceux disposant du potentiel le plus redoutable et d' en faire des partenaires privilégiés avec lesquels vous userez de tacts et de moyens détournés pour les empêcher de constituer un front trop important face au votre . A votre charge de mettre en œuvre les éléments et les stratégies pour affaiblir ces adversaires, ... car il en feront certainement autant de leur côté ! La moindre des choses consisterait donc à entretenir des liens politico-diplomatiques .

 

14 - Conserver un bastion en territoire ennemi - Empêcher la création d' un bloc monolithique -

Ce pied à terre, si petit soit-il, est en fait indispensable d' une part pour assurer votre présence et un point d' observation, d' autre part pour servir de départ au redémarrage de votre action conquérante

( civile, militaire, ou idéologique ), mais surtout, et c' est l' aspect crucial de la technique, afin d' organiser une "contamination idéologique" de la zone ennemie . Ce cas de figure sous-entend l' hypothèse de deux blocs de force équivalente qui se tiennent en respect, mais surtout pour vous de disposer de la force nécessaire pour assurer l' indépendance et l' autonomie de cette entité en territoire adverse ( coût souvent élevé ) - La théorie commande donc d' éviter la constitution d' un bloc monolithique dans l' enceinte de territoires adverses regroupés sous l' égide d' un "leader" : Ce front commun pourrait s' avérer dangereux en absorbant, à l' image d' une vague déferlante, tout ce qui se trouve sur ses frontières . Le microcosme en terre ennemi, défendu par vos soins, agira comme un brise-lames à l' entrée d' un port . D' un autre côté, les puissances universelles n' existent point en ce monde de particularité : Il suffit de vous dire que si l' ennemi semble puissant, ainsi qu' omniprésent à tel endroit, c' est qu' il commet forcément quelques lacunes sur tel autre !... Et c' est précisément sur ces faiblesses que portera votre regard, pour déstabiliser ses arrières ou agir là où il ne peut maintenir ses troupes .

 

15 - Sur le terrain idéologique : Soulever les contradictions entre pratique et doctrine au sein des théories adverses -

Puisqu' il est un fait que les pouvoirs centraux se donnent depuis toujours une dimension idéologique, les actions menée sur le terrain devront inévitablement se doubler d' une stratégie interférant cette dimension afin de conforter votre position comme la hiérarchie sociale et rallier les vassaux ainsi que le peuple à la cause du prince . Nous avons pu souligner l' inévitable contradiction entre la doctrine et la praxis du jeu politique . Qu' à cela ne tienne ! Si vous êtes provisoirement exclu ou éloigné de la sphère du pouvoir, ce biais sera votre arme pour décrédibiliser la thèse adverse en mettant l' accent sur ses contradictions . Cette stratégie vous renvoie directement aux diverses notions abordées dans le chapitre de la "communication", la "justification du pouvoir" et à la "rhétorique";... nous les avons longuement discuté tout au long de ces paragraphes : La boucle se referme, ... ainsi que s' achève mon propos sur les principes guerriers .

 

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Date de dernière mise à jour : 16/05/2022

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